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FIDE : le bateau ivre et son capitaine cosmique

 
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Saint-Arroman Alain K0110
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MessagePosté le: Dim 22 Déc - 21:37 (2013)    Sujet du message: FIDE : le bateau ivre et son capitaine cosmique Répondre en citant

2014 sera une année électorale à la FIDE.
Garry Kasparov tentera de ravir à Kirsan Illumjinov son siège de président qu'il occupe depuis 1995.
Autant le dire tout de suite, ses chances de victoires sont bien minces, pour ne pas dire infinitésimales.
Pourtant, combien de joueurs d'Echecs de par le monde, souhaiteraient la victoire de l'actuel président contre son challenger ex-champion du monde ?
Peut-être même pas un sur mille !
Mais voilà, ce ne sont pas les joueurs qui votent, ce sont les fédérations, et avec ce système où 1 fédération = 1 voix, la Russie ou les Etats-Unis ont autant de poids que, par exemple, les Iles Palau, 20 000 habitants dont une poignée de joueurs d'Echecs.
Dès lors, le maintien au pouvoir dépend d'une règle très simple : il suffit de distribuer des cadeaux, des postes ou des titres honorifiques en nombre à cette multitude de micros-fédérations pour s'assurer de leur loyauté électorale.

En vue de l'élection, il n'est pas inutile de rappeler le parcours de celui qu'un quotidien avait qualifié d'Ubu-roi de Kalmoukie1; un autre de Caligula des steppes
Le très sérieux et très modéré Institut Français des Relations Internationales l'a sobrement traité de despote, ce qui est, dans le langage très chatié de l'IFRI, le pire qualificatif possible.

Devenu multi-millionnaire dans d'obscures conditions, à la chute de l'URSS, il devient président de la petite république autonome de Kalmoukie en 1993.
Rapidement, il se fait remarquer par son sens du dialogue et de la démocratie : pas de partis politiques, pas de journaux autres que ceux agréés par lui-même.
La rédactrice en chef du seul journal d'opposition diffusé clandestinement, Larissa Youdina, est sauvagement assassinée en juin 98 après avoir publié plusieurs articles sur la corruption du régime de Kirsan Ilioumjinov, et notamment sur le financement de la « Cité de Echecs » (voir plus bas).
Deux de ses collaborateurs avoueront le crime, le propre frère de K.I. sera inquiété.
En 2000, Reporter sans Frontière mettra Kirsan Ilioumjinov dans le groupe de tête des « prédateurs de la liberté de la Presse » en compagnie de Khadafi, Saddam Hussein, Kim Jong Il, les mafias du crime organisé et autres personnalités hautement recommandables
La Kalmoukie figure aussi en bonne place dans l'annuaire de Transparency International au titre des pays les plus corrompus.

Il se proclame modestement descendant de Gengis-Khan.

A la frontière de la vie publique et de la névrose obsessionnelle, il affirmera que le jeu d'Echecs est un don fait par des extra-terrestres à l'humanité pour la sauver de l'apocalypse.
Il affirmera également haut et fort avoir été enlevé par ces fameux extra-terrestres et avoir fait un voyage dans leur vaisseau décrit comme une sorte de tube lumineux, déclarations faites en public et réitérées.

L'arrivée d'Illoumjinov à la tête de la FIDE est en elle même une histoire baroque.
Son prédecesseur, le philippin Campomanès, qui avait réussi à se maintenir à la tête de la FIDE suite à un coup de force en 94 (changement de règles électorales pendant un congrès électif alors qu'il n'avait pas le droit d'être candidat !!), est de plus en plus contesté : pouvoir personnel, vaines promesses, gabegie, corruption etc. Il doit se retirer, mais il le fait à sa manière : en décembre 1995, en plein congrès, il déclare qu'il se retire à condition qu'un certain Kirsan Illoumjinov, connu par personne d'autre que lui-même, soit élu président.
A l'issue d'une séance rocambolesque, voilà qui est fait : on précisera que le Kalmouk n'a jamais fait acte de candidature ; il est élu sans programme et, pire encore, sa propre fédération écrit en urgence qu'elle est contre sa présence à la tête de la FIDE.
En quelques heures, presque tous les articles des statuts de la FIDE sont ainsi bafoués, mais on ne s'encombre pas d'aussi petits détails lorsqu'on peut acheter des voix.

Le reste des mandats remplis par Illoumjinov sera à l'image de cette entrée en scène : entre Ubu et Kafka, entre inepties et bouffonneries, entre ridicule et grotesque.

A peine installé, il doit organiser la finale du championnat du monde FIDE en 1995 (Kasparov a fait sission et organise « ses » championnats du monde).
Dans une conférence de presse mémorable, il annonce à un public atterré que c'est Bagdad qui organisera cette finale !
Petit rappel : en 1995, l'Irak est sous le coup d'un sévère embargo international suite à l'invasion du Koweït et à la 1ère guerre du Golfe. D'autre part, un des 2 protagonistes de la finale est Gata Kamsky résidant au Etats-Unis ; la décision d'Ilioumjinov revient tout simplement à interdire à Kamsky de participer à la finale puisque l'administration américaine s'y opposera formellement.
Devant la levée de bouclier, Ilioumjinov organisera la finale dans sa capitale, Elista.

Puis, il décide de réformer le cycle du championnat du monde.
Fini les cycles de 3 ans et le terrible parcours d'obstacles qui faisait d'un candidat un challenger de valeur digne de prétendre à la couronne suprême, et qui faisait d'un vainqueur un champion du monde incontestable.
Place à un cycle annuel sous la forme d'un tournoi par élimination directe, les matches se faisant en 2 parties. Place à la loterie absurde.

En 98, le tournoi a lieu aux Pays-Bas, sans Kasparov ni Kramnik. Karpov rentre directement en finale et se joue facilement d'un Anand épuisé par 30 jours de durs combats.
En 99, le « Championnat du Monde » se joue à Las Vegas et tourne à la farce : le 44e joueur mondial, Khalifman, l'emporte en finale contre le 50e Akopian. Trois mois plus tard, les joueurs ne sont toujours pas payés.
En 2002, c'est un peu mieux : le 21e mondial, Ponomariov est sacré « champion du monde FIDE ».
En 2004, Ilioumjinov attribue l'organisation à Tripoli. Les joueurs israëliens ne peuvent participer, beaucoup de joueurs occidentaux boycottent, 7 des 10 meilleurs mondiaux ne sont pas là.
Résultat : Khasimdjanov, un joueur évoluant au delà de la 50e place mondiale est « sacré champion du monde » .
Plus qu'une farce, une bouffonnerie.

En dehors des errements du championnat du monde, il organise en 98 l'Olympiade chez lui à Elista.
Pour cela, il fait dépenser à son pays qui est une des régions les plus misérables de la Russie, 50 millions d'Euros2 pour construire « La Cité des Echecs », ensemble immobilier grandiose érigé en pleine steppe et dont les bâtiments se lézardent dès le fin de la construction.
Les conditions de financement de ce projet feront l'objet des investigations de Larissa Youdina.
Une fois l'Olympiade terminée, tout le complexe tombe à l'abandon.

En 2004, il annonce un investissement de 2,6 milliards pour créer une autre « Cité des Echecs »à Dubaï, cité dans laquelle viendraient jouer (bien sûr !) les 60 millions de joueurs du monde entier 3. .

Enfin en juin 2011, sa dernière pantalonnade sera une visite à Khadafi pour jouer une partie d'Echecs devant les caméras alors que le dictateur lybien vit ses derniers jours et que son pays est à feu et à sang.

Tout cela ne prêterait qu'à rire si Ilioumjinov ne représentait l'ensemble des joueurs d'Echecs de par le monde.

La FFE entretient une relation particulière avec la FIDE : c'est à Paris qu'elle a été fondée et le Français en est une langue officielle. L'acronyme lui-même vient du français, et non de l'anglais.

Arrivé en fonction à la tête de la FFE, Diego Salazar s'est affiché à plusieurs reprises avec Ilioumjinov.
Il a déclaré que la FFE avait « rétabli des relations courtoises avec la FIDE »
Aussi il serait bienséant que notre président fédéral nous dise ce qu'il pense d'Ilioumjinov et pour qui il compte voter.
Il ne savait pas qui est vraiment Kirsan Ilioumjinov ?
Voilà qui est fait
Il sait qui il est et il a l'intention de voter pour lui ?
Le minimum serait qu'il donne quelques explications.
Les équipes précédentes (Loubatière puis Moingt puis Carvallo) ont toujours affiché leur hostilité sans faille au personnage. La FFE a voté pour Bessel Kok en 2006 et Karpov en 2010.
Un ancien responsable fédéral bien au fait du fonctionnement de la FIDE, a pu parler de mafia et de blanchiment d'argent concernant l'administration Ilioumjinov.
Ses incessantes bouffonneries en font la risée de n'importe quel être humain doué d'un minimum de raison.
La FFE va-t-elle voter pour cela ?


1 Libération 13/01/98
2 Le Figaro 26/05/2010
3 Chessbase.com 08/08/2004

A suivre...


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MessagePosté le: Dim 22 Déc - 21:37 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Saint-Arroman Alain K0110
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MessagePosté le: Dim 17 Aoû - 20:16 (2014)    Sujet du message: FIDE : le bateau ivre et son capitaine cosmique Répondre en citant

Conformément à ce que nous disions, Kasparov a été sévèrement battu et Illumjinov facilement réélu, se permettant même le luxe de céder à son adversaire la voix contestée d'une micro-fédération.
L'ex champion du monde fait à peu près le même nombre de voix que ses 2 prédécesseurs, Bessel Kok et Anatoly Karpov ; c'est dire la caractère totalement figé et immobile de la FIDE, un système dans lequel les voix d'une dizaine de fédérations représentant 90% des ressources et des activités de la FIDE pèsent 10 fois moins qu'une centaine de micro fédérations représentant à peine quelques pourcents des ressources et de l'activité.
La corruption initiée pendant les 12 ans de règne de Campomanès, amplifiée et généralisée par son successeur kalmouk rend vaine toute tentative de prendre le navire d'assaut.
Quelques exemples ?
C'est très simple : prenons par exemple la liste des arbitres internationaux. Il y en a davantage en Egypte qu'en France, davantage en Iraq ou en Syrie qu'en Ukraine ; il y en a 12 en Arménie mais 14 en … Afghanistan, 10 au Bélarus (ex Bielorussie), mais 12 à … Porto Rico !! Cherchez l'erreur.
Les arbitres internationaux de certains pays (devinez lesquels!) n'ont absolument aucun arbitrage à leur actif et n'ont aucun classement. Savent-ils au moins jouer aux Echecs ?
Pourquoi sont-ils arbitres internationnaux si ce n'est en récompenses de services rendus ou à rendre au président tout puissant de la FIDE
On pourrait aussi regarder la liste des Organisateurs internationaux : certains pays qui n'organisent jamais rien en ont une demi douzaine. Qu'organisent-ils ?
Résultat : des prébendes innombrables et peu coûteux sont distribuées à des dizaines de micro-fédérations afin d'assurer en retour leur fidélité électorale sans faille.


Face à la corruption, un combat à la loyale est perdu d'avance, et Kasparov avec sa notoriété, ses moyens et une grosse équipe autour de lui n'a rien pu faire.


La campagne électorale est en elle-même un révélateur de l'état déliquescent de la démocratie au sein de la FIDE (d'ailleur comme dans beaucoup d'autres secteurs de la société) : un candidat est millionnaire, l'autre milliardaire ; ceux qui n'ont que de bonnes idées et pas d'argent sont priés de rester dans les tribunes pour regarder le spectacle.
Certains ont évalué le coût de la campagne de Kasparov entre 1 et 3 millions de $ ; celle de président en exercice n'a sûrement pas coûté moins.
GK promet-il d'injecter 10 million de dollars dans les Echecs ? Le lendemain KI en promet 20.
D'où cet argent sortirait-il ? Mystère... Mais en capagne électorale, on peut bien promettre n'importe quoi, seul compte le résultat.

Le débat est resté circonscrit à la distribution des millions ou à la liste des futures nominations, listes soigneusement pesées non pas pour faire vivre une institution qui est de toute façon irrémédiablement gangrenée, mais pesée au regard du nombre de voix susceptibles d'être captées le jour de l'élection.


Dans ce désastre politique et moral, s'il est avéré que le président en exercice est un dangereux manipulateur doublé d'un tragique bouffon (voir les épisodes Khadafi ou extra-terrestres - post précédent), il ne faudrait pas oublier la responsabilité écrasante de Kasparov qui a mené la FIDE à la scission en 92 pour de sordides questions d'argent, puis s'est rabiboché avec Campomanès pour d'encore plus basses questions d'égo, empêcher Kouatly et surtout Karpov d'accéder à la tête de la FIDE en 94 ; le pyromane d'hier qui donne aujourd'hui des leçons de vertu à la corruption, ça mérite un coup de chapeau !
Un seul perdant, les Echecs, et rendez-vous dans 4 ans pour le même spectacle et sûrement le même résultat.


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